Approches parentales et pratiques exemplaires : Parler de la guerre aux enfants
par Andrea Liss
Vous êtes à la recherche de certains conseil pour votre couple? Peut-être avez-vous des questions sur l'éducation des enfants? Demandez à Andrea! Notre travailleuse sociale, Andrea Liss, choisira une question par mois et y répondra dans notre bulletin de la mi-mois. Vous pouvez nous soumettre vos questions de manière anonyme à l'adresse https://forms.office.com/r/F3rxQKvTdQ.
Chère communauté HORSCAN,
Que vous soyez parent, oncle, enseignante ou une responsable d’enfants, les enfants souhaitent comprendre la guerre et ont des pensées et des émotions à ce sujet. Ils ont des questions et, parfois, des inquiétudes. Il peut être difficile de savoir comment aborder ce sujet avec eux. Vous vous demandez peut‑être : « Dois‑je dire la vérité? Quel niveau d’information mon enfant est‑il prêt à recevoir? Qu’a‑t‑il besoin de savoir? »
Cet article fait partie d’une série plus vaste de ressources parentales que je prépare afin d’offrir aux familles des FAC de l’information sur la gestion des évacuations HORSCAN et des conversations familiales liées aux conflits politiques. Le présent article propose neuf conseils tirés de la littérature sur les traumatismes chez l’enfant et les pratiques exemplaires en matière de parentalité. Ces thèmes seront approfondis dans les ressources à venir — restez à l’affût! Mais pour l’instant, amorçons la discussion…
Les enfants voient et entendent les nouvelles — rarement par choix
Les images et les récits de conflit peuvent avoir un impact important sur les enfants. Un simple voyage HORSCAN apparemment banal peut amener une attente à l’aéroport, où des téléviseurs diffusent des nouvelles et des images auxquelles il est impossible d’échapper. De plus, en tant que citoyens engagés, bien souvent nous consultons les nouvelles avant de partir au travail, ce qui peut exposer les enfants aux médias, même indirectement — sinon par l’image, du moins par le son. Malgré cette exposition indirecte, certains parents ou donneurs de soins peuvent croire que parler ouvertement de ces sujets est nuisible. Ce n’est pas le cas. En réalité, c’est l’inverse : en parler présente de nombreux effets protecteurs. Les meilleures stratégies consistent à guider la conversation, éviter le silence ou l’évitement du sujet et surveiller leur exposition à l’information. Voici quelques pistes à explorer, en tenant compte de l’âge de l’enfant.
Valider les émotions
Lorsqu’un enfant dit : « Je m’inquiète pour les familles en Ukraine qui n’ont pas assez de nourriture », notre réaction spontanée peut souvent être de dire : « Oh, ne t’inquiète pas, tout va s’arranger. » Bien que cette réponse soit animée par le désir d’aider, elle peut avoir l’effet inverse.
Il est souvent plus apaisant pour un enfant d’entendre : « Oui, c’est une inquiétude réaliste. Je m’en inquiète moi aussi. Beaucoup d’enfants de ton âge ressentent la même chose. Tu n’es pas seul. »
La validation des émotions aide les enfants à développer leur confiance, car elle les rassure sur le fait que leurs sentiments sont compréhensibles, légitimes.
Dire la vérité simplement
Comme dans l’exemple ci‑dessus, il est important d’être honnête tout en évitant de submerger l’enfant. Comme me l’a récemment raconté un père, membre des FAC, lorsqu’un enfant demande : « C’est quoi ces bruits forts dans le ciel? », on peut répondre à un enfant de 6 à 11 ans : « Ce sont des missiles qui aident à protéger le ciel. » Bien souvent, une explication calme et confiante suffit.
Limiter l’exposition
Il n’est pas nécessaire que les jeunes enfants regardent les nouvelles ; ils y sont déjà exposés indirectement. Les adolescents intéressés peuvent être invités à regarder les nouvelles en compagnie d’un adulte de confiance. Il est préférable de considérer l’actualité comme une activité nécessitant l’accompagnement d’un adulte. La présence d’un adulte permet d’apaiser un enfant débordé, de réguler la quantité d’information absorbée et de fournir des explications appropriées.
Inviter au questionnement
Lorsque le sujet de la guerre est abordé, demandez à votre enfant : « Qu’en penses‑tu? ». Pour les plus jeunes, vous pouvez demander : « Comment ton corps s’est‑il senti quand tu as vu cela aux nouvelles? », suivi de « Comment c’était de ressentir cela? ». Cela normalise les pensées et les émotions et vous aide à prendre le pouls de votre enfant. Inviter aux questions favorise la discussion et la curiosité autour d’un sujet inquiétant.
Éduquer
Si votre enfant mentionne spontanément de l’information inexacte, demandez‑lui : « Où as‑tu appris cela ? ». Cela offre une occasion de vérifier les faits et d’apprendre ensemble. Une explication adaptée à l’âge sur le rôle et la raison d’être des FAC peut également favoriser un apprentissage par l’expérience (apprenez-en davantage ci-bas).
Favoriser le sentiment de pouvoir agir
La guerre est absurde, et les enfants en sont intuitivement conscients. À un niveau très profond, certains enfants — surtout ceux doué d’une grande conscience — peuvent se sentir impuissants. Renforcer leur pouvoir d’agir (empowerment) peut passer par diverses actions : expliquer l’importance du vote, faire un don à un organisme de soutien à partir de leur tirelire ou écrire à des élus.
Identifier les acteurs aidants
Face au sentiment d’impuissance que la guerre peut susciter, relier la discussion à votre rôle au sein des FAC peut renforcer le sentiment de pouvoir agir de votre enfant. Malgré tout, il y a toujours des gens qui se soucient des autres. En tant que famille des FAC, contribuer à la résolution de problèmes à l’échelle nationale et mondiale fait partie de votre raison d’être. Il s’agit d’une excellente occasion d’aborder les responsabilités et les obligations assermentées d’une famille des Forces armées canadiennes (FAC). D’autres organismes aidants incluent notamment Médecins sans frontières et la Croix‑Rouge.
Mettre l’accent sur la sécurité et les protocoles
Lorsque votre enfant se sent inquiet pour sa sécurité, il est rassurant de lui rappeler que même en temps de guerre, il existe des règles. Souligner le fait que la sécurité et les procédures sont toujours prioritaires peut être à la fois informatif et rassurant, surtout lorsqu’un membre des FAC s’absente pour une formation ou un déploiement.
Adopter un leadership calme
Lorsqu’on discute de guerre, d’évacuation et de conflits, l’objectif est que l’enfant se sente émotionnellement en sécurité grâce à vous, même dans l’apprentissage de sujets lourds. Le ton est plus important que le contenu.
Merci!
J’espère que vous avez trouvé cet article utile. N’hésitez pas à me transmettre vos commentaires sur cet article et sur la vidéo‑ressource présentée ci‑dessous. [email protected]
Continuez votre excellent travail, parents HORSCAN!
Lien vers la vidéo (en anglais) : Talking to Children about War and Conflict, produite par le UK Trauma Council et l’Anna Freud Centre https://www.youtube.com/watch?v=6HVIpLLIBdY
Andrea est titulaire d’une maîtrise en travail social et est inscrite à titre de travailleuse sociale autorisée (Ontario). Elle compte plus de 20 ans d’expérience. Elle est la travailleuse sociale HORSCAN – Reste du monde des SBMFC et accompagne les familles des FAC qui vivent une expérience à l’étranger. Si vous êtes membre d’une famille des FAC et souhaitez échanger individuellement avec Andrea ou vous joindre au groupe de soutien des personnes conjointes HORSCAN qu’elle anime, vous pouvez la joindre par courriel à : [email protected].
Un soutien est également offert dans votre région HORSCAN. Si vous ou votre famille souhaitez parler avec une travailleuse sociale ou un travailleur social durant votre affectation HORSCAN, nous vous invitons à communiquer avec la personne responsable dans votre région des SBMFC :
États‑Unis : Marion Hall — [email protected]
Europe : [email protected]
À l’échelle mondiale / Reste du monde : Andrea Liss — [email protected]